29 mai 2015

Sonorités Et Les Restes



Tout est foutu
dès l'arrivée
et encor plus
au départ
Seul la peinture
le montre
seule elle l'embellit
toujours
Cromos
ou ce qui le sera
chef d'oeuvre
ou ce qui le sera
Et de Rien sans rien
ce Sacré positionne
la vision sur ce qui doit
s'en nourrit
marquant le temps
d'un arrêt sur
la lumineuse beauté
qui est la lumière
signifiance en don
qu'un sans pourquoi
et à Voir une fois
pour toutes

Doit-on décourager ?
Mais de quoi ?
De l'ennui
des disparus
après la mort
de l'Art devenu
éternel par la grâce
de Quelque Chose
plutôt que le Rien
parfait hérité
du Dieu mort
pas solide
créé par la faiblesse
de son inventeur
M. Le Besoin
de croire aux voix
venues du premier
stand de patates frites
la haut sur la colline
sourd dingue
après le tapage
du marteau
sur l'enclume
de Marx à l'étrier
aux problèmes
acoustiques
de la faucille
à la voie fausse
de Ferré...
Entendre des voix
toutes sortes de voix
...Et en avant
la musique
'la Sequenza 111'
pour voix de femme
ou bien Abraham
en son livre
la voix de qui ?
Chantons en choeur
en coeur en peur
ou en leurre ?
Ces voix de bruits
qui se terminent
en six cent mille voix
schizophréniques
en France
quelques millions
milliards...ici là
d'ici là tralala
pour le président
ou Lollobrigida
un million de voix
sans voies là
en flûtes à bec
et les ailes alouettes
Voie de qui
pourquoi ?
À qui dire et comment ?
Pourquoi ?
Comprendre quoi ?
En amas de contradictions
en paradoxes
en malentendus
en inutiles infantiles
balivernes
Petites bribes de ceci cela
tralalas en foule masse
groupe troupions
en une tragédie éteinte
en feu de paille
par l'amusement
des muses
en farces plates
imbéciles mortifères
Une vidange
vers compostielle
une roulade
dans la fange
résiduelle écocomique
Leurre l'heure
voyez bien
et mieux encor
mouches noires
macabé de prit
qui croyait prendre
en musaque
crématoires
Destruction
compostages de matières
pour F. Bacon
en errances pseudo
quelque chose
pour ce qui devrait
ou pas
De la pratique des arts
comme seul et unique
sens vrai des restes
en poussières
ressuscitant de l'attente
à bon dieu
en Amour inconsidéré
pour les corps glorieux
hors les percussions
et persécutions célestes
Glenn Gould jouant
de la cuillère
pour bruits seuls
et babounes
dans les studios
des garde-robes
de Mylène Demongeot
Sophie Marceau
tantôt un sein
tantôt une petite culotte
ou la Pounne dans la Nuit
des longs couteaux
à Villa Maria
les poches pleines
d'abris ératiques
Exilé du Camp
des malentendants
mieux sourd comme un pot
dure de la feuille
en sonate grise
pour personne solo
de Bach en passant
passé trop tard
dénotant la suite
seul SEUL dans cette nuit
infinie du coeur gros
au bord des sons
d'un admiré tenté
par les uns les autres
sans retour aux larmes
d'antan insoutenable
noyade de l'être
dans la saumure
le sang les chairs
les os d'un pour la Mort
qu'un son mal tempéré
Malher Bartok
Schostakovich
Weber Dion Vivier
au son du coeur
commencez

Une note
un soupir
respire un souffle
cillement
sifflement
bruits et eleison
en clé tapant
sur la porte du vent
pitié
affection
mon amour
de la sonorité
au temps dernier
souvenir d'une âme
'faignant de parler
des langues
étrangères' *
et suite sans suite
décapitée
pour du vent
des brises lames
et de mauvaises notes
de très mauvais augures
couvent sous la beauté
musicale des sons
Mais du tendre
de la douceur
comme chez Pärt
en amas de choses
mystérieuses
in Mon Chemin
il n'est plus seul
Enfin je crois...
Sans sang s'en tenir
de mémoire
aux chaux vives
des anges abattus
en plein vol
en pleine interpellation
du coeur pour
de l'eau potable
pain sec noir
des os de tous
changés en asphyxie
des morts
Combien là aussi ?
Une ligne
une note
un souffle
un son
qui vient qui est là ?
Entendez-vous
dans le sauve-qui-peut
du tourbillon de la Mort
la misère des sons qui crient
en bruits des masses
des peuples
des sociétés d'enfants
disparus dans les caveaux
des banques de sonorités
macrophages inaudibles
dans le Camp
que de dehors où
personne n'entend
Passes sans se
casser la tête
le visage
les organes
l'enclos en plein le feu
démocratique
totalitaire jazz-rock
ou boulézienne
au profit de
masses seules
et de quêtes
seul à seul
SEUL dehors comme dedans
Mais qu'est-ce qu'entendre ?
avoir l'oreille
le nez
la bouche
un corps ?

Des ailes
l'envol
l'échappé
lâcher
aller
sédentaire
dans la terre
comme au ciel
distractions
oublie du Camp
d'être l'ensemble
darwinien d'une loi
subit au gré de la peur
de toutes les peurs
Assassiné cancériser...
Que des sonorités
Air
vent
sons
émotions
de l'impuissance
et des beautés de coeur
attente d'une venue certaine
toute en larmes
croisées de régressions
du Dieu techniquement
mort et chaos
En traits d'union
aux petites chapelles
où tout se justifie
Entendre bien entendre
le son que fait
la proue dans le vent
en chant du cygne
et les
ne tirez pas camarades...
Tenir à la musique
à Rien à l'éphémère
au vent
air
son
à la ligne invisible
Pas pour tous
la musique
et surtout pas
pour le musicien

Claude Vivier*