11 août 2013

La Même Voie


À Jean

'Je suis vieux, malade
et je me suis juré
de mourir en peignant' *
Et mort peindre
titubant avalant des tubes
assis ficelés au fauteuil
au poteau toujours
à jamais juste pour voir
et Voir encor
cent fois ce qu'il en est
de la Chose...
de la création du jeu
toujours sérieux
d'Exister là ici ailleurs
petits dessins tableaux
sculptures
dans le joug de l'effrayant
du grappin de ce qui est
en Nature cette table
à ponction des partys
que Goya dans le noir
des noirs de la fin
fait Voir
Miel à mouches
pour les hommes
et casse dents
pour le bon dieu
Masses
adossées naturellement
au mur darwinien
aux saignées d'ingérence
à surfer sur le dos
du grand requin blanc

'Un tableau est une chose
qui exige autant de roueries,
de malice et de vice
que la perpétration
d'un crime. Faites faux
et ajoutez un accent
de nature.' **
Mains propres
ni vu ni connu
et sans cadavres
Tableaux Frankenstein
Rocambolesques
ou tel quel frisé
si vos cheveux le sont
À la sauce
demandée du jour
dépendant de la commande
de Beaubourg ou du bourg
du duc dédain...
Un tableau c'est Rien
pour devenir
quelque chose
de jamais LÀ

Cézanne*
Degas **

10 août 2013

Jours Des Morts


Seul Ou Seul

Au chant
de l'eau de source
mal d'aurore
ces vapeurs
du miasme
scriptant
le cul-de-sac
élogieux
des vampires
pour cinq sous
réalistes
de liquidation
délirant pour lire
jeune la place vide
d'un écoeurement
sanguinaire
Là où le soleil use
tourne au jaune
porte un terme
à l'apparence
du pouvoir au sec
à l'assoiffer
Décolorant
l'uniforme du lion
sur son tabouret
de fosse aux rats
martyrs perforant
l'appel de la lionne
au mausolée
de ses os

Outre d'eau salée
oiseaux de février
de juillet des coeurs
brûlent d'Irlande
jusqu'ici jusqu'aux
îles Féroé
Des tombes
de rien de si bas
moins que du pavé
à passe dessus
même pas...
comme tuer un homme
disait Vinci
Seul en la nuit
de tous les morts
gueules ouvertes
aux pires
Sec un désert
sans dieux ni maîtres
Un vertige a nié
un souffle de peur
Du vent armé
jusqu'aux dents
Naître seule
vivre seule
mourir seule
disait L

Corriger...
Améliorer...
Mais où suis-je?
Où vais-je?
Qui suis-je?
Après...
Longtemps après
que la peinture
a disparu
Mains des grottes
mains ignobles...
mains à rendre visible
le scandale
du monde en son goulag
de têtes ensablées
 les fers en l'air
sous la semelle
des jours morts
de ma pauvre cervelle
ensevelie
D'où viens-je?

8 août 2013

Dedans L'image


Pour Henri Slow
À casse silence
en métronome
partant partir
Qu'Un mot
liberté
pour la fin
du monde
Impeccablement
monde
voile vent
humant inventant
le museau
griffant l'île verte
du mourir
Pas maintenant
attendre le sillement
du parfait
De toutes les eaux
l'os mais sans lui
sous la dalle
en veines désertées
N'étant plus l'heure
restera l'éternité
de quelque autre
désir d'Enfin
tellement attendu
comme tout autre

Du Tout
sans pépins
que Cézanne
incognito
signant Aix
d'un viril
coup de victoire
comme d'autres
Arles Meudon
Saint-Hilaire
Mont Fuji
Montparnasse
Marquises
autant de signes
signant de fragiles
percepts
Quelque chose
manque
pas un peuple
ce peuple Est
De Juifs à Juifs
à Juif
Un Monde pas
celui de Kafka
juste à côté...
Non...Celui
des restes
L'asperge de Manet
sardines de Soutine
mauvais traits
de Varlin
demeures de Martin
gribouillages
de Wols...
Et puis Non.

Rien un nom
après la fin
quand c'est fini
n i i ni...
Encor peindre sculpter
gémir crier
d'une traite
Rien ne se perd
rien.
Et des pistes
Seul Si Sot
sans vous
synapses
Aujourd'hui
plénitude
grandeur
de Dieu
en la nuit d'Ève
de Bellmer
par un orgasme
dans les étoiles
d'araignées
entoilées