15 mars 2013

Mots De Silex


Tri d'Angle Mort

Le dire
au mur
en mots
de tête
et quoi?
Dire?
Mur?
Murs
de silences
de L'autre côté
ici en la confusion
des saints
non nés
des enfers
blanc de Chine
...etc
Un Rien seul
en de mauvais
plis de L'autre
avant lui
s'étirant sans fin
en l'ennui
d'une histoire
de nef des fous
maonétaires
cacapipi
ta liste
total y terre
...etc
Nulle part
Ici
juste Ici
frigorifié
par la fin
de toutes
les fins
Sortie de cage
pour une liberté
libre de la liberté
même...
Mourance
ou Vivance?
Des traits
rognures d'art
traits de famille
fragments de dessins
bouts de restants
se traînant
en l'immonde
posthume
d'os et de chairs
en suifs du ciel
grognant
d'humanité
aphasique
À peine
un geste infirme
une poudreuse
résiduelle
dans la nuit
des jours

Un Rien Nier


Vide De Rien

Ils ont fait
une découverte
celle que l'art
était un mensonge
et qu'il était
la seule vérité

Art ou Dieu?
Les deux sont morts
sous le coup de minuit
par arrêt de l'artiste

Posthume et mutant
...Un Rien de retour
aux mille et une attentes
dans le noir
de l'Éternité

Le plus grand que soi
en la pauvreté céleste
éperdument perdu
'et le présent
est instamment présent,
comme agenouillé
et priant pour vous' *

Mormonant
des mots
faisant signe
dans le sable
des déserts
un mirage
premier miracle

C'est sans couleurs
rythmes formes
Un et va nuit
Jardin sans semaison
et glaciale disparition
où se loge le grand
Estomac

Douleurs insoutenables
mais insensibles
par usures
Un rouge devient bleu
jaune secondaire...etc
Grisaille en fin...Rien
le Rien qui manque
à l'art pour commencer
...en Fin

Là Rien qui va
qui s'en fout
d'être ou pas
Là et avant
et après Rien
Esquisses dessins
peintures
sculptures
que de choses
inutiles.

D'un trait
et d'autres
plutôt que le rien
d'autre

L'acte hors
d'état de nuire
encadré
dans le tableau
de sa liberté

Un arrêt de mort
à l'oeuvre
en chaque être Là

Un envoûtement
pour un autre
L'art de choisir
sa disparition

Une retenue
debout
le long d'un mur
pour pénitence
en peinture

Sensible
épave
sur la mer
de toutes
les couleurs

L'art absout
de tout
pour un petit
moment

Comme la musique
un Vivier qui monte
monte au ciel
assassiné d'amour

Le bleu
quand il est
du Fra Angélico
ou de Cézanne
du ciel
sur la terre

Un Rien nier
par sa nuit
de lumière

Rilke*

10 mars 2013

L'Aubastère (pour trois)



'NOUS SOMMES MORTS, ÂME NE NOUS TARIE'*


C'est sans tête
sans raison
qu'un signe
passe le Rubicon
et lui de trépassé
à passer
ouvre enfin
aux écroués
de la peine capitale
des miasmes
de la semaine
et du temps mort
l'Aubastère
de la mine de Rien
là attendant
l'initiatique perdu
d'avance
par sa folie d'hors 
d'état de nuire 
frais funèbres
payés par les dieux
tombés sur la terre
qui dès lors survolent
les pas d'âmes qui vivent
en des soleils percés
de corbeaux
du dernier homme
après Dieu mort
pleine lumière
en la chambre jaune
de son esprit sain

De cadavérique
élongation
en des toiles
tendues d'araignées
engluées perdues
encagées de guerre lasse
de Rien à jamais
riche de Rien
une toile en plan
deux quelques esquisses
sans savoir...Rien
Sans fin et pourtant
interminablement
la main en un chemin
de lumière terrifiante
traces Rien...
Mille visions de feux
de paille de musique
insonores
en des profondeurs
inouïs
Et un saut...
pour Rien
de fatigue d'usure
atteint en sa richesse
de froids sacrés
Seul toujours
qui sait si en ailleurs
des semblables?

Décrisser des viandes
en coupes du président
des armées des carcasses
des corps laissés
là pour un conte
d'êtres à organes
en d'écoeurantes
postures de beautés
extravagantes
en vérité de boucherie
les uns les autres
D'un pape innocent
sur son trône
régnant sur ses fèces
visiblement
dans le mensonge
étouffant d'un monde
de gruge les os
du ciel et de l'enfer
Une figure christique
déchirée par un peintre
lui en pleine sortie
colorée des fêtes
souveraines

Villon *