4 sept. 2011

De La Robinhommerie


SANS POUCE CARRÉ L'UNIVERS

...petite feuille
à souffle à vent
à faire voler
s'envoler
laisser passer
des maladies
coeur et âme
Qui sait qui sait
du rouge
les rougissements
du macabre
du nauséabond
de la putréfaction
du créateur
et de sa création
pour un bout
de Rien de papier
lambeaux fragments
infimes
résidus d'impuissance
d'un devenir pas là
qui n'y sera pas
au rendez-vous
des papillons
des oiseaux
des baleines
des Hommes
et du Dieu

Un Doute
une angoisse
une insuffisance
et c'est
le naufrage
l'épave
l'échec
la descente
en toutes
les ruines
chez Poussin
du mythe
en métaphore
repris par Cézanne
poussé aux limites
de la peinture
jusqu'à
sa matérialité
des aquarelles
de la fin
et la mort
du peintre
sur le motif.

L'Art
comme pauvreté
impuissance
d'Enfer
et de Paradis
un échec une fin
comme toute vie
devant la Mort
du Blanc sur Blanc
noir noir
des épurations
géométriques
anthropomorphiques
organogéométriques
de l'hyperréalisme
aux métissages
des genres
toutes tentatives
qui s'avérèrent
comme fatigue
et épuisement
de naufragé.

Le notre Père à Tous
avait signé
les derniers signes
jusqu'à les enclaver
dans la géométrie
dans les vides
les coulures
l'infinito
le flou le vague
enfin
par un raisonnement
déraisonnable.
De la période
'Couillarde'
aux aquarelles
le cercle
s'est refermé
pourrissant
sur lui-même.

La Robinhommerie
qui va suivre
l'Abandon
De La Peinture
sera économico
-politique
un art de l'Objet
comme autant
de 'Cheval De Troyes'
dans la cité
Mais plus aucune trace
de quête
de Terre Promise'
ou de Spiritualité
dans l'Art.
Échec et Mat.

Je crois
qu'on peut
commencer.

3 sept. 2011

L'Oeil Balai


LA MORT NE DONNE PAS SUR LES FLEURS

À y regarder
deux fois
en un point
précis du coeur
l'enfer
s'éteint
avec l'eau
des larmes
Mais la Mort
elle
et des deux côtés
c'est du ravage
Rire pas rire
en face à face
avec le Gouffre
Et c'est bien LÀ
encore où se loge
le souffle
la respiration
sur les bords
de l'Abject
Le savoir ou pas
ne change rien
à l'affaire.
Insatiable
siphon
d'élevage
de chair
et de sang
Mais qui brioche?

À tuer
entre nous
s'il le faut
jusqu'au dernier
né pour
la croix rouge
blanche rose
noire d'abandon
à sécher
des peaux
à fronde canons
bombes nées
d'assassins
vers le tout
vieux rêve
technique
des le début
du monde.

Maintenant
le nombre
milliard
alors passons
poussières
socles
Un Rire
monstre
un atchoum
cosmique
un gaz à pet
un prout
Rien de bien
important
pas comique
pas tragique
Dieu à viande
tyran à banqueroute
L'Un merdrique.
L'Oeil balai.

1 sept. 2011

Vent De Tête


DE SILENCE À SILENCE

...des brises
et des noms
tous les miens
des voiles
brunis d'embrun
mur de roses
étendues
en aplat
un joueur de fifre
noir
mères noires
dans la nuit
de toutes les mers
assassinées
et des rafales
ensuite
des tortures
du sang
en grande surface
chez Rothko
ayant culpabilisé
le bonheur
de Matisse
le sanguinaire
On sait cela
et le suicide
de tous ceux
qui ont vu

Vent de Tête
bruits d'éclat
des massacres
une épaisseur
de moelle
épinière
de temps terrible
encor
'sur cette terre
de criminels'*
et des enfants
jetés là
aux scories
aux ordures
des bonnes
consciences
du vendredi
de tous
les massacres

...en moi muet
mine de sel
de Rien
le mort du canal
le cri mal
le pas d'affaire là
le violé du rêve
et des crises
d'emmurés
de seul en silence
entre nous seul
au vent d'accueil
Éole père à vent
des poussières
du socle
et chant d'avant
quand l'air
était le temps
un écho
des enfants.

Jean Clot*