3 août 2010

Show Vive


RIEN QUE ÇA

Des embolies
à sangles
décâlissées de baveux
quand tu colles
tes yeux aux trous
noircis Goujats
t'as pas tremblé
ni souri que pleuré
t'as pas pû t'étais
glaçé d'agrégations
coagulées de meurtres
mains froides
besogneux des gorges
rougi d'horizon
des bleus morts
t'es payé.

On se doit de partir
de part et d'autres
mettre ses pieds
à la bassine
faire trempette
préparer la longue
marche funèbre
de sa face.
Face à seule la même
Sauvage pas autochtone
pas de terre
en galipotant là
ici et puis là
vif ardent pattes
blanches à harfang
de la poudreuse
pour l'office
de la déflagration
de la refonte
de l'ailleurs
au premier cycle
des charognes
Pas d'erreur
ça recommence

Lent comme un cortège
tortuaire parade
au-delà làlàlà...
ici "le soleil
se leva de nouveau
derrière le mont
Kompira"*et ça tourne
tourne tourne
invisiblement
ritournellement
pas là posthume
noircie de défaillance
ça va la Nature
va où elle va...

Beau moment
pour jouer
à la Marelle
cheveux blanc
à-blanc
"la tempête
repêche dans
la mer la
civilisation"**
des saints-innocents
des condamnés à m'art
Rien...et sa pénurie.



Nagaï*
Desheng**

2 août 2010

Antre Les Roches


FROID DE PIERRES

Qu'entre pierres
serrées des crevasses
des fissures
atteindre plus
tendre tendrement
La terre reviendra
sevrer en ces froids
des coeurs en bras
de poussières
serrant les aciers
d'avalés des rots
régurgitants
des sels
de statues des ânes
à l'm perdue
Contre le vide
du dessus des misères
des cris muets
des spectres

Rien tout autour dedans
des gels de granite
des souffrances
à sous de froideur
brûlante
les nôtres celles
des déportés
d'avant les roches
Plus de casseurs
Vers chez nous
de marbre noir
nuées solides
bien gardées
indéfectibles enfin
Hors la trappe à collier
des bonds du coup
des fouets à émietter
du temps mort

De L'écrasement
l'Esprit nous gonfle
fait l'habitat
bon aimable
crée rien
n'empêche pas
les fossiles
d'Amour mystérieux
secret de nous.
Faut pas rire
de l'entre
les astres
la poussière
tombe aussi
de la lumière

Sous Vide


TERRE PIQUÉE

Un ramage
et des larmes
des cris
venant
toutes sortes
de cris
de nulle part
Commisération
de tout est permis
Nature des galaxies
extrêmement noire
fixée
Jetée pêle mêle
au terme d'une
cotisation
des peaux
Pupilles d'urine
contre celle
à sang

Fedor tout
est permis
la transmutation
siffle
Des sans têtes
bouffent des têtes
Bruines à fragment
Trom Lamort
mises pariétales
La vallée des dans
tirons la
par la queue
jusqu'au bleu
du rougi
Encans
d'enclos
des Maures
du rizome
à l'Attente

Réalisation
du Dieu pipé
usurpateur
tribal
Un insensé
avaleur
de crétins
des miserere
un dévoré par
le bout du bout
De la Tourette
la dessous
Au terme
du dodo
des os servant
de percuteurs
signent l'oeuvre
des piégés

1 août 2010

L'Amanchure Des Mots


"ON RACONTE SES PETITS CONTES TERRESTRES A TRAVERS DE PETITS BOUTS DE PAPIERS"*

Le juppon
des Hellènes
tordus
des testicules
sabrant la force
de l'amanchure
à la veuve
clique haut
qu'un chien
agonisant
achevé par l'ignorance
passe les siècles
à gémir
Un tiers inclus
à Saguenay
face au Tableau
ou face au mur
lamentable
et du quand-dira-t-on
des mouches
à la sortie
d'éblouissement
proématique

Le carcan des maux
des mots
vestimenteurs
entre nous des mous
maximom sous tutelle
à la corde contenteur
emballeur de récipiants
taire pas à pas mimés
Des rimes des crimes
des portes à faux
en prime
La poésie un ennemi;
la poécie
L'agence depuis longtemps
de la renommée qui mousse
la sardine orthographique

De la bile au tombeau
des saints taxes rapt qui vole
qui pille les chants
donneurs fabriquent
les miasmes du puit
Tambours trompe lingual
onanisme de laboratoire
roulade à syllabes
de langue aux rats
nombant des forts
chez les morts
Éteint du chant
donneur pathique
rouleur de comptes
ouverts défilades
lâches mots guidés
de scolariats

Achat de haine
à crédit
dérouleur de langues
sans papiers
File étoiles
tricoteurs
météoriques
Boileau
Rimbaud
Jouhandeau
Léautaud
Artaud
Michaux
...
Portique
à désirs
Porte têtes
à glace
faire fondre
lentement
laisser dissoudre
quelques instants
sans suivre
les instructions
pour petits
oiseaux de février
Bien armé
donne ta langue
à l'Horreur
de l'Erreur
Ce n'est pas elle
qui agit
déprendre le large
la voie lactée
de saint Jean de Dieu
Rodez d'Ivry de Pinel
de l'histoire les maladies
d'Amour de l'Esprit Vers
un mot un trait
l'embarque s'en va...

*Wols




31 juil. 2010

La Rive Erre


"GAGNER SON DEVOIR ET PERDRE SON TOUR"*

...en parallèle
avec la fin
quand le repos
module l'éternité
de doux parfums
de liberté
mènent le chemin
coupent les ficelles
sans le noir
des drapeaux
mène le jeu
à son plus beau.
Une barque qui muse
et là m'attrappe
porte au loin
une ligne
un délice
vrille loin
des milices

Ici exactement
auprès de ma blonde
un après-midi
de mai évanescent
dans un tout
petit bateau
loin du ciel bleu
et des chevaux bruns
Des vagues
ondulent
de petits sons
tous pareils
à des lieds pas
exactement...
de Malher
plutôt du Roméo A l'air
répercussions célesta
sur une timbale
poner sur la rue Craig
Un régal
pour orgue de K. Jarret
sur un jazz asiatique
à moindre prix

Continuant la descente
de la riviere Humboldt
tributaire du col à dos
trois Arapahos
ayant l'air pur
de réparer un sous
lié des rires
fusèrent sous la voûte
de la Manhattan Bank
La brusque piquée
auquelle
ont eu à faire face
la lourdeur de la caisse
sur les rives...
mais ce n'est
que de peu d'importance
et hors sujet
Pour la suite du monde
Plutôt ceci;
La rencontre fortuite
d'une meute
de drôles de légumes
habillés d'or et d'argent
malgré les couleurs
du prisme de nos habits
d'invisibles
n'ont rien remarqué
de notre passage...
Ils étaient dévoûtés
trop occupés par
le dernier lingot.

Le plus difficile
dans ces ébauches
de monter mental
perpétuelle
est de voir
de chaque côté
des berges
des tas de non sens
se retirant
ne laissant
sur les flots
que des rires
et des soupçons
qui se sont évanouis.

Aragon*