25 juin 2010

Les Dents Du Temps


ILS SONT VENUS NOMMER

Dire le rien
à dire.
Tout ce qui
déjà a été
en quelque
lieu
dans le fond
des yeux
la vigilence
que l'on peut
voir
dedans l'urgence
avant de s'enfiler
à tout jamais
dans le sans
Amour d'un broyeur
rien que de
l'horreur
un étouffement
...

Et c'est trop tard
pour l'essentiel
trois ou quatre
mots auraient
suffi pour dire
le monde qui a préféré
les bagatelles
aux arcs-en-ciel
la vérité il a compris
qu'on en sait rien
perdre sa vie
à se torturer
sur du papier
à moins de s'aimer
le nombril
faire le frais-chier
comme on dit
c'est inutile
on perd son temps.

C'est la première
des vérités
et pour les autres
une étincelle
dans la nuit
en plein jour
des années
Ou bien mon coeur
mon illusion
ma chair
ma passion
ma tant aimée
pour le vrai.


Tout le reste
il faut l'admettre
les vrais poètes les bien-cotés
entre eux
éperdument
la tourniquette
les claquettes
sous les jaquettes
sa jasent tout le temps
Que voulez-vous
de la jasette
ou la turlutte
des cocos-loques
ça passe le temps
Ce n'est pas
de mes affaires
mais moi aussi
j'ai le goût d'enfer
tout le temps.

Où est le problème
personne t'empêche
comme des milliards
faisant c'est épatant
Un jour peut-être
t'auras compris
que ça sert à rien
personne te lit
qu'un monologue
dans ta vie qui
vient de passer
de l'autre côté
t'étais déjà mort
quand t'es passé
chez le dentiste
c'est évident.

24 juin 2010

L'Oubli


LE CHANT DES PIERRES

Un trait un point
d'appui
comme un oiseau
des grandes forêts
perché sur un
lampadaire
dans un square
au coin d'une rue
prendre mes ailes
et m'estomper
Y en faut pas plus
pour continuer
des mains
un coeur et du papier
faire un plan
sortir me retrouver
prendre un peu d'air
loin des mouches noires
des idées ma chambre
en jaune peinturée

Plein de couleurs
sans espérer
sortir d'ici
bien en santé.
A chaque fois
qu'il en sort un
un million de moins
sortiront
En faisant le calcul
plus personne
dans l'avenir
le pourra
Pour un vingt cent
des milliards
plus jamais
comprendront
la vraie vie
pour de bon

La Nature
en son mystère
est qu'elle
règne sur la terre
pour elle ce
qui est chair
est tout simplement
la matière
de ses enchères
Dedans dehors
c'est pareil
elle tire
toutes les ficelles
de ce qui compose
Babel.

Il faut bien lire
bien regarder
comprendre
que les dés
sont pipés
Entre deux morts
celle d'ici
bientôt vétuste
et terminé.
Alors ton dieu
tu dois le cacher
comme dit Valéry
et puis partir
quand c'est fini.

Avant longtemps
sera terminé
le bon temps
de la vérité
Après le Tri
y restera
pas grand chose
pour la Vraie Vie
qui s'est enfuie
comme par magie
qui n'était que
l'oubli.

23 juin 2010

L'Exit


LE PRIX DE L'OR

Rien: du létale
à profusion
plus encor
quand on dort
Et au réveil
c'est p'us pareil
le prix des nuits
ça pleure plus
fort à ton rien
croque-morts
ton dehors
n'est plus
de ton ressort.
Sang de l'or
c'est ton trésor.
Y'a plus riche
que tu défriches
ton mauvais sort.

De la poussière
venant devant
un mur passé
jamais réglé
de toutes
nos bonnes idées
le sang la mort
des constructions
qui jouent du sort
De la mer rouge
on va pisser
y a pas d'aumones
de ce côté

De votre ventre
pointe souffrance
de vos couteaux
elle vous tranche
Que voulez-vous
c'est la cadence
de tous ceux qui font
la panse pour
la balance.
Ceci pour l'apparence,
entre deux néants
chose étrange,
perd le sens
s'expatrie
et puis s'enfuit
avec lui.

Saint-Plet (visage)


DE FLEURS
Des fleurs coupées
que coupent
les fleurs
à la dépose
de vos coeurs
De bien du mal
qu'arrache
la terre du temps
de mauvaises
Ha! la haine
De "Dans ma main
Le bout cassé
de tous les chemins"*
de haut en bas
le même fracas
y a qu'entre
vous deux
que passe le jeu
de dire se peut.

Pâtir
faute de mieux
ou bien changer
souffrir un peu.
Dans un bocal
ou bien un bal
on respire mieux
quand de beaux yeux
nous voient un peu
Car les épines
quelques poisons
n'ont pas suffi
aux polissons
se coupent encor
du secret de la
grandeur du don
parfait.

La dernière
fleur
pour ton malheur
est bien cachée
dessous ta peur
la seule leçon
pour un poltron
c'est bien au fond
dessous tes ponts
qu'un traversier
tout en pleurant
t'y conduira
De ton échec
de ton désastre
d'une terre plate
tu la verras
elle prend
toute la place.

S.D Garneau*

21 juin 2010

Hors Sujet


SORTIR DU LIT
Manière
d'exil la main
la mienne dans
l'autre la mort
Et puis
ce lieu qui passe
outre à la Vie
Suis-je si certain
si assuré
de ce chemin...
Que la bête
dedans le je
qui tremble
a bien trouvé
sans la Raison
du Paradis
de l'insensé
au Sens
qui va frapper.

Est-ce la maison
Ou le ravin
au saut du lit
faisant l'inouï
le charme
de tes genoux
tout ça pour rire
entre mes mains
Y a tant d'ennuis
dans le moment
que le danger
est imminent.
Des clopinants
silencieusement
par raisonnement
préparent la fête
pour un maudit
bout du temps.

Tenir à rien
à l'atelier
à Saint-Bernard
à Claude Vivier
et à Baudelaire
à des mirages
de Baroque à Blum
du métissage
de saut à bond
enfin c'est
au-dessus de
l'écroulement
ça hurle ça brûle
les greffes de coeur
c'est un rejet
du sujet.